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Haïti / Environnement : Près de 90% de la Forêt des Pins détruite par les haïtiens

Haïti / Environnement :   Près de 90% de la Forêt des Pins détruite par les haïtiens
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Les principaux dommages causés par l’homme dans la Forêt des Pins en Haïti sont la déforestation massive pour la production de matériaux de construction ou de charbon de bois, l’agriculture de subsistance sur brûlis. 


En raison de ces pressions anthropiques majeures, cette réserve écologique classée zone réservée le 6 octobre 1937, est passée de 40,000 hectares au début du XXe siècle à seulement 5,000 hectares aujourd’hui (source COE-H)


Dégradations humaines majeures :


• L’abattage et le pelletage clandestins : 


Poussées par une précarité financière extrême, les populations locales coupent illégalement les arbres pour les revendre sous forme de planches, de madriers, de poutres de type 4 × 4 et d’autres produits de bois d’œuvre ou alimenter le marché du charbon de bois.


• Le « scalpage » des écorces : 


Des individus retirent l’écorce à la base des pins pour prélever le « bois gras » (utilisé pour allumer les feux). 


Cette pratique condamne l’arbre en le tuant à petit feu et le fragilise face aux tempêtes.


• L’expansion agricole agressive : 


Des pans entiers de la forêt sont brûlés pour installer des cultures maraîchères (comme la pomme de terre), ruinant la biodiversité locale.


• Les incendies anthropiques : 


De nombreux feux de végétation sont allumés volontairement durant la saison sèche pour nettoyer des terrains ou par acte de malveillance.


Conséquences environnementales critiques :


• L’érosion sévère des sols : 


Sans les racines des pins pour retenir la terre, les nutriments sont emportés. 


Le sol devient stérile et incapable de retenir l’eau.


• Des catastrophes naturelles meurtrières : 


La perte de la couverture végétale accentue la violence des inondations et provoque des glissements de terrain dévastateurs lors des tempêtes et ouragans.


• L’assèchement des sources d’eau : 


La dégradation forestière bloque l’infiltration des eaux de pluie dans les nappes phréatiques, menaçant les réserves hydriques de toute la région.


Le Collectif des Organisations Écologiques d’Haïti (COE-H) lance un appel urgent aux autorités haïtiennes, au Conseil du Programme sur l’Homme et la biosphère de l’UNESCO, ainsi qu’à l’ensemble des partenaires nationaux et internationaux afin d’empêcher la disparition de la Forêt des Pins, première Réserve de biosphère d’Haïti reconnue par l’UNESCO en 2012.


Selon les observations réalisées sur le terrain le 5 juillet 2026, la dégradation de cette aire protégée atteint un niveau critique. 


Des centaines de pins ont récemment été abattus puis débités en grumes destinées à la fabrication de planches, de madriers, de poutres de type 4 × 4 et d’autres produits de bois d’œuvre.


Les constats révèlent également des traces de brûlis utilisées pour convertir les espaces forestiers en terres agricoles. 


Cette combinaison d’exploitation illégale du bois et de défrichement accélère la destruction du couvert forestier, fragilise les sols et compromet durablement la capacité de la forêt à protéger les ressources en eau.


La crise sécuritaire qui secoue la région métropolitaine de Port-au-Prince accentue fortement la pression exercée sur les ressources naturelles. 


Les déplacements massifs de populations vers les communes du Sud-Est entraînent une occupation rapide des espaces forestiers pour la construction d’habitations, le développement de nouvelles activités agricoles et l’exploitation du bois comme source de revenus.


À ce rythme de destruction, plusieurs spécialistes estiment que la disparition quasi totale de la Forêt des Pins pourrait survenir bien avant 2050 : compromettant gravement les engagements internationaux d’Haïti en matière de biodiversité et de lutte contre les changements climatiques.


Faute d’une planification territoriale adaptée et de dispositifs de surveillance efficaces, cette dynamique accélère la dégradation d’un écosystème déjà extrêmement fragilisé.


Le COE-H s’inquiète également de la dégradation progressive du Parc national La Visite, autre aire protégée majeure du massif de la Selle.


Malgré son statut de protection, plusieurs secteurs du parc subissent une intensification des coupes de bois, des brûlis et de l’expansion agricole. 


Ces pratiques réduisent progressivement la couverture forestière, perturbent les habitats naturels et compromettent les fonctions hydrologiques essentielles de cet écosystème.


Face à l’urgence, le COE-H estime que les réponses actuelles demeurent largement insuffisantes. 


« Chaque arbre abattu rapproche Haïti d’une catastrophe écologique, hydrique et climatique.


Recommandations urgentes du COE-H :


1. Mettre en place un Comité national d’urgence réunissant l’État, les collectivités territoriales, les universités, la société civile et les organisations environnementales afin d’évaluer l’état réel de la réserve et de définir une nouvelle gouvernance.


2. Déployer sans délai un dispositif permanent de surveillance, comprenant des gardes forestiers et des mécanismes de contrôle sur l’ensemble de la Forêt des Pins.


3. Élaborer un plan national d’aménagement du territoire d’urgence, piloté par le CIAT, afin de proposer des solutions durables aux populations déplacées tout en limitant la pression sur les espaces protégés.


4. Mobiliser des financements nationaux et internationaux pour restaurer les écosystèmes dégradés, protéger les sources d’eau, accompagner les communautés locales et lancer un vaste programme de restauration forestière.


En savoir plus sur COE-H :


Le Collectif des Organisations Écologiques d’Haïti (COE-H) regroupe plusieurs organisations engagées dans la protection de l’environnement, notamment la FORE, la NOEAE, Ecovert-Haïti, la FADECOV, la MADECTH, Maison Verte. 


Le Collectif œuvre pour la conservation des écosystèmes, la restauration des paysages et la promotion d’une gouvernance environnementale durable en Haïti.

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