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Trois jours de recueillement en mémoire des victimes de Kenscoff : le deuil face à l’urgence d’agir

Trois jours de recueillement en mémoire des victimes de Kenscoff : le deuil face à l’urgence d’agir
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Par Biondy Efféro LÉON 


Trois jours de recueillement en mémoire des victimes de Kenscoff. 

Dans un pays meurtri par des années de violences armées, cette décision prend une dimension particulière. 


Elle ne constitue pas seulement un geste symbolique envers les familles endeuillées : elle rappelle l’ampleur d’un drame qui dépasse les limites de la commune et interroge directement la capacité de l’État à protéger sa population.


Dans la nuit du dimanche 23 au lundi 24 août, Kenscoff a été plongée dans l’horreur. Une offensive de groupes armés a fait au moins 47 morts et 22 blessés, selon les Nations unies, tandis que plus de 50 personnes auraient été enlevées. 


Le bilan demeure susceptible d’évoluer.


Des maisons ont été incendiées, des habitants ont été contraints de fuir et plusieurs personnes auraient été enlevées. 


Des témoignages font également état d’une attaque contre une église où des personnes déplacées avaient trouvé refuge. 


L’ampleur et la brutalité des violences ont une nouvelle fois exposé la vulnérabilité extrême des civils face aux groupes armés.


Trois jours pour pleurer, mais surtout pour ne pas oublier


Le recueillement national est nécessaire. 


Il permet à la République de reconnaître officiellement la douleur des familles et de rendre hommage à ceux qui ont perdu la vie. 


Mais le silence des drapeaux en berne ne doit pas devenir le silence des responsabilités.


À Kenscoff, la question n’est plus seulement de savoir combien de personnes sont mortes. 


Elle est de comprendre comment une population a pu être exposée à une attaque d’une telle ampleur, alors que la commune est confrontée aux violences armées depuis plusieurs mois.


Kenscoff avait déjà subi près d’une douzaine d’attaques depuis le début de 2025, avec des meurtres, des incendies, des enlèvements et des déplacements forcés.


Cette répétition des attaques transforme le drame actuel en signal d’alarme. 


Le massacre de Kenscoff ne peut être considéré comme un épisode isolé. 


Il s’inscrit dans une spirale de violence qui gagne progressivement des territoires autrefois considérés comme relativement épargnés.


Le deuil ne doit pas remplacer l’action


Trois jours de recueillement peuvent honorer les morts. Ils ne ramèneront pas les victimes. 


Ils ne reconstruiront pas les maisons détruites. Ils ne ramèneront pas immédiatement les personnes enlevées auprès de leurs familles.


C’est précisément pourquoi le deuil doit être accompagné d’une réponse concrète.


Les autorités doivent répondre aux interrogations des habitants, renforcer durablement la protection des populations et faire toute la lumière sur les circonstances de cette attaque. 


La population de Kenscoff ne demande pas uniquement des condoléances : elle réclame le droit élémentaire de vivre, de travailler et de dormir sans craindre une nouvelle offensive.


Le gouvernement a affirmé que Kenscoff ne serait pas abandonnée et que l’autorité de l’État serait rétablie.  


Cette promesse doit désormais se traduire sur le terrain par des mesures visibles, coordonnées et durables.Kenscoff, symbole d’un pays à bout de souffleLe drame intervient alors qu’Haïti traverse une crise sécuritaire majeure. 


Les groupes armés continuent d’étendre leur influence autour de la capitale, tandis que les populations civiles paient le prix le plus lourd : morts, enlèvements, violences sexuelles, destructions et déplacements forcés.


Kenscoff est aujourd’hui devenue le symbole d’une réalité brutale : aucune zone ne peut être considérée comme définitivement à l’abri lorsque les mécanismes de sécurité restent fragiles.


Ces trois jours doivent donc être ceux du recueillement, mais aussi de la responsabilité. 


Se souvenir des victimes, c’est refuser que leurs noms disparaissent dans les statistiques. 


C’est aussi exiger que leur mort ne soit pas vaine.


À Kenscoff, la nation pleure


Mais après le deuil, il faudra répondre à une question essentielle : que fera l’État pour que cette tragédie ne se reproduise plus ?

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