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5 Septembre 2026
Haïti, malgré ses richesses naturelles et humaines, se trouve confronté à une crise alimentaire alarmante.
Cette situation résulte de divers facteurs interconnectés, tels que la mauvaise gouvernance, le manque de politiques cohérentes, la dégradation de l’environnement et l’absence d’assistance technique.
Plus de 60 % des aliments consommés par la population proviennent désormais de l’étranger, ce qui fragilise davantage la souveraineté alimentaire nationale et expose le pays aux fluctuations des marchés internationaux.
Parallèlement, la production agricole nationale continue de diminuer sous l’effet combiné de l’insécurité généralisée, des changements climatiques, de la faiblesse des investissements publics, de l’insuffisance des infrastructures agricoles et du manque de gouvernance.
Le pays n’arrive pas à produire suffisamment de denrées alimentaires pour subvenir aux besoins de sa population, ce qui le rend dépendant des importations.
Les systèmes d’élevage sont également déficients, avec des infrastructures insuffisantes, des soins vétérinaires limités et un accès difficile aux marchés.
Au-delà des difficultés que connaît la production végétale, le système d’élevage haïtien traverse aujourd’hui une crise sans précédent.
Les filières bovine, caprine, ovine, porcine et avicole connaissent une régression inquiétante sous l’effet combiné de l’insécurité, du vol de bétail, de la faiblesse des services vétérinaires, du manque d’aliments pour animaux, de la dégradation des pâturages et de l’absence d’une véritable politique nationale de développement de l’élevage.
Une situation particulièrement préoccupante puisque l’élevage représente un véritable capital économique pour les familles rurales.
Les animaux constituent souvent une épargne vivante permettant de financer la scolarité des enfants, les soins de santé, les investissements agricoles ou encore de faire face aux urgences.
L’effondrement progressif du cheptel national fragilise davantage les moyens d’existence des ménages et réduit considérablement la disponibilité de protéines animales produites localement.
Le déclin du secteur de l’élevage contribue également à l’augmentation des importations de viande, de produits laitiers et d’œufs, aggravant le déficit commercial du pays et renforçant sa dépendance alimentaire.
L’accès limité à l’eau représente une autre contrainte.
L’eau, essentielle à l’agriculture, est souvent rare, surtout dans les zones rurales.
La gestion de l’eau est défaillante, impactant négativement la production agricole et limitant la capacité des agriculteurs à irriguer leurs cultures de manière efficace.
Un autre facteur clé est l’absence d’assistance technique.
Les agriculteurs, en particulier nos paysans, manquent de soutien technique et de formation, ce qui limite leur capacité à améliorer leurs pratiques agricoles et à adopter des méthodes plus productives et durables.
De plus, l’insécurité généralisée en Haïti, exacerbée par la présence de bandes armées et d’actes criminels, a des conséquences dévastatrices sur le secteur agricole.
Les agriculteurs, souvent menacés ou attaqués, hésitent à investir dans leurs cultures par crainte pour leur sécurité.
Cette situation compromet non seulement la production agricole, mais empêche également les agriculteurs d’accéder aux marchés pour vendre leurs produits.
L’insécurité limite les déplacements nécessaires pour l’achat de semences, d’engrais et d’autres intrants, et elle décourage même les initiatives de coopération entre agriculteurs.
En conséquence, la terre reste sous-exploitée, et le potentiel agricole du pays est sévèrement entravé.
Alors que la production nationale est sévèrement menacée, la situation de l’environnement en Haïti est catastrophique.
La déforestation, l’érosion des sols et la pollution des eaux compromettent la fertilité des terres et la qualité de vie des populations.
De plus, le manque de gestion durable des ressources naturelles aggrave les effets du changement climatique, rendant l’agriculture encore plus vulnérable.
Devant ce constat, ALLO AGRO / PROMODEV proposent plusieurs recommandations :
1. Renforcement de la gouvernance :
Il est crucial de redorer l’image des ministères de l’Agriculture et de l’Environnement.
Une meilleure gouvernance inclut une transparence accrue, une communication claire et une participation des acteurs concernés, notamment des agriculteurs et des organisations de la société civile.
2. Mise en place d’une Commission nationale de sentinelles : composée de représentants d’organisations paysannes et écologiques permettra d’impliquer tous les acteurs dans le processus de développement socio-économique.
Cette Commission pourrait jouer un rôle consultatif pour orienter les politiques agricoles et environnementales.
3. Amélioration des systèmes d’irrigation :
Investir dans des infrastructures d’irrigation modernes et durables est essentiel.
Cela nécessite une collaboration entre le Gouvernement, les organisations internationales et les communautés locales pour garantir un accès équitable à l’eau.
4. Soutien aux femmes rurales « madan sara » :
Il est vital de reconnaître le rôle des femmes rurales dans la production alimentaire.
Des programmes spécifiques doivent être mis en place pour leur fournir un accès à la formation, aux crédits et aux ressources nécessaires pour améliorer leur productivité et leur sécurité économique.
5. Transfert du dossier des anguilles :
Transférer la gestion des anguilles aux ministères du Commerce, de l’Intérieur et de l’Environnement, avec l’approbation du Premier Ministre, pourrait libérer le secteur agricole.
Une autorisation d’exploitation et d’exportation publiée dans le journal Le Moniteur peut également renforcer la transparence et la régulation de cette ressource.
6. Promotion de l’agriculture durable :
Encourager des pratiques agricoles durables qui respectent l’environnement et préservent la biodiversité est crucial.
Cela inclut la formation des agriculteurs sur des techniques modernes et respectueuses de l’environnement.
7. Sensibilisation et éducation :
Mettre en place des campagnes de sensibilisation pour informer la population sur l’importance de la sécurité alimentaire et de la protection de l’environnement est essentiel.
L’éducation des jeunes sur les enjeux agricoles et environnementaux favorisera une prise de conscience collective et une action citoyenne.