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22 Septembre 2026
Par Biondy Efféro LÉON
Face à l’insécurité persistante, au chômage et à la réduction des activités économiques, la vie associative apparaît comme un levier important pour maintenir le lien social et offrir des perspectives à la jeunesse haïtienne.
Dans plusieurs quartiers, la fermeture précoce des entreprises et des espaces publics, parfois dès 16 heures, contribue à créer un sentiment d’enfermement et d’inaction.
Pour de nombreux jeunes, ces heures libérées ne constituent pas nécessairement un temps de repos choisi.
Elles peuvent plutôt être marquées par l’anxiété, l’absence d’activités et le manque d’opportunités économiques ou culturelles.
Dans ce contexte, les associations peuvent jouer un rôle essentiel en transformant le temps disponible en initiatives collectives.
La vie associative, un espace de solidaritéLes organisations communautaires permettent notamment de mobiliser les jeunes autour d’activités telles que le soutien scolaire, l’assainissement, les actions de solidarité et les initiatives culturelles.
Elles offrent également des espaces de dialogue, d’apprentissage et de participation citoyenne accessibles à des personnes qui disposent de peu de moyens.
Au-delà de leur dimension sociale, ces structures peuvent contribuer au bien-être des jeunes en leur permettant de développer leurs compétences, de valoriser leurs talents et de conserver un sentiment d’utilité au sein de leur communauté.
Le Centre Culturel et Bibliothèque Araka au cœur des préoccupations
À Carrefour-Feuilles, à Port-au-Prince, la situation du Centre Culturel et Bibliothèque Araka est présentée comme l’une des illustrations des difficultés auxquelles sont confrontés certains espaces culturels et associatifs.
Cette structure, consacrée notamment à la culture, au livre et à la réflexion, représente un lieu susceptible d’offrir aux jeunes des possibilités d’apprentissage et d’expression.
Son manque d’activités ou son fonctionnement au ralenti suscite ainsi des préoccupations quant à l’avenir de ces espaces dans les communautés.
Pour les défenseurs de la vie associative, maintenir de telles structures actives constitue un moyen de préserver des alternatives face à l’oisiveté et à l’isolement.
La nécessité de renforcer les espaces communautaires
Dans un contexte marqué par l’insécurité et la précarité, l’absence d’activités éducatives, culturelles et communautaires peut laisser davantage de place à des comportements à risque et à diverses formes de marginalisation.
D’où l’appel lancé aux pouvoirs publics afin qu’ils accordent une plus grande attention aux structures associatives et culturelles.
Les ministères concernés, notamment ceux des Affaires sociales et de la Culture, sont ainsi appelés à évaluer les espaces en difficulté, à renforcer les structures existantes et à soutenir davantage les initiatives favorisant l’emploi communautaire, la culture, l’éducation et la participation des jeunes.
Parallèlement, les citoyens et les organisations de jeunesse sont encouragés à maintenir les réseaux d’entraide, les cercles de lecture, les activités culturelles et les initiatives communautaires, y compris lorsque les contraintes sécuritaires limitent les rassemblements physiques.
Pour les promoteurs de cette démarche, la relance des espaces comme Araka dépasse donc la seule question culturelle.
Elle renvoie à un enjeu plus large : offrir à la jeunesse haïtienne des lieux où apprendre, créer, échanger et participer à la vie de la communauté, malgré les difficultés auxquelles le pays est confronté.