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13 Octobre 2026
Dans une interview accordée au journaliste Manolo Ozuna, Aquiles Jiménez, présenté comme un ancien contractuel des services de renseignement du gouvernement dominicain, a affirmé que les autorités de son pays avaient été informées de l’existence d’un réseau de trafic d’armes qui utiliserait le territoire dominicain comme point de transit pour acheminer des armes vers Haïti.
Selon ses déclarations, les armes proviendraient illégalement des États-Unis.
Elles transiteraient ensuite par la République dominicaine, où elles seraient entreposées avant d’être acheminées clandestinement vers Haïti, en franchissant la frontière entre les deux pays.
Aquiles Jiménez a également évoqué l’implication présumée d’un important homme d’affaires haïtien qui disposerait, selon lui, d’une influence en République dominicaine et en Jamaïque.
Toutefois, ces allégations nécessitent des vérifications indépendantes et ne permettent pas, à elles seules, d’établir la responsabilité de la personne évoquée.
Une arrestation marquante en novembre 2022
Ces déclarations rappellent une affaire survenue le 8 novembre 2022, lorsque des militaires dominicains avaient arrêté Milien Mildrene Manessa, épouse d’Yvanosky Joachim, alors vice-délégué de Belladère, ainsi que Fara Josef, à El Carrizal, dans la zone frontalière.
Les deux femmes se trouvaient à bord d’un véhicule Lexus blanc, en compagnie d’un enfant d’environ deux ans, lorsque les autorités ont découvert une importante cargaison de munitions.
Selon les informations rapportées à l’époque, le véhicule transportait 22 160 cartouches, dont 12 000 de calibre 7,62 mm et 10 160 de calibre 5,56 mm, qui auraient été destinées à être introduites illégalement en Haïti.
À ce stade, aucun élément présenté ne permet d’établir un lien direct entre cette affaire de 2022 et le réseau décrit par Aquiles Jiménez.
Néanmoins, les deux dossiers soulèvent des interrogations sur les circuits d’approvisionnement en armes et en munitions, ainsi que sur les mécanismes de contrôle aux frontières.
Des questions sur le contrôle du trafic d’armesAlors que les autorités dominicaines dénoncent régulièrement la dégradation de la situation sécuritaire en Haïti, les déclarations d’Aquiles Jiménez remettent au premier plan la question du rôle éventuel de réseaux transnationaux dans l’approvisionnement en armes des groupes armés haïtiens.
La vérification de ces accusations nécessiterait une enquête approfondie et indépendante afin de déterminer l’origine des armes, d’identifier les personnes susceptibles d’organiser ou de faciliter leur transport et d’établir si des responsables publics étaient informés de ces opérations.
Une question demeure donc centrale : quelles mesures concrètes les autorités dominicaines ont-elles prises pour identifier et démanteler les réseaux qui utiliseraient leur territoire pour acheminer clandestinement des armes et des munitions vers Haïti ?
Au-delà des déclarations et des accusations, seule une enquête fondée sur des preuves vérifiables pourra permettre de faire la lumière sur ces activités présumées et d’établir les responsabilités éventuelles.